MUSIQUE
Publié le
23 octobre 2026
Pour son cinquième album, Michael Kiwanuka a pris ses distances avec ses habitudes. Pour la première fois depuis Home Again (2012), il se passe de ses fidèles Danger Mouse et Inflo et produit lui-même ses chansons. Le mot d’ordre du disque est la liberté : celle de ne plus s’encombrer des attentes et du doute. Le titre dit la même chose. Il évoque à la fois quelque chose de ludique et la façon désinvolte de dire "je me lance".
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Né en marge de Small Changes (2024), FUDGE s’est construit en trois ans, presque en parallèle de son prédécesseur. Tout part d’un petit studio en bauge près de Southampton, que l’artiste équipe avec l’argent de son Mercury Prize et rebaptise Dreamers. Il y retrouve les musiciens de son groupe, dont le multi-instrumentiste Joe Connell. Une session d’improvisation donne le déclic : "Love in My Heart", sept minutes de groove langoureux, lui prouve qu’il tient un vrai disque.
Les morceaux, souvent captés en une prise, portent la trace de ses doutes et de son besoin de trouver sa propre voie. "Stars" rappelle le moment où il a retrouvé sa guitare après la crise de confiance qui a suivi Home Again. "Summer Clothes" et "Swings and Roundabouts" ouvrent et ferment l’album sur l’angoisse de créer sans filet. Il s’est aussi nourri de ses disques de chevet, de Shuggie Otis à Neil Young, en passant par les Beatles et Frank Ocean.
Après Dreamers, le producteur Dom Monks (Laura Marling, Big Thief) et l’arrangeuse Rosie Danvers ont pris le relais pour donner à l’ensemble sa dimension orchestrale. La pochette psychédélique, signée de son ami Stevie Gee, prolonge cet esprit espiègle.
La critique britannique salue largement le résultat : quatre étoiles dans NME, Mojo, The Guardian, Rolling Stone UK et The Independent. Pourtant, le disque arrive dans un contexte plus sombre. Enregistré avant les problèmes de santé de l’artiste, il a été retardé de presque un an, et tous ses engagements scéniques restent suspendus.
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