PHOTOGRAPHIE

Paul McCartney photographe : une plongée intime dans la Beatlemania au musée Granet

Publié le

2 février 2026

Le musée Granet d'Aix-en-Provence accueillera du 4 juillet prochain au 3 janvier 2027 une exposition exceptionnelle consacrée aux photographies de Paul McCartney. Intitulée "Paul McCartney Photographe 1963-64: Eyes of the Storm", cette rétrospective de plus de 250 clichés offre un regard inédit sur l'ascension fulgurante des Beatles vers la célébrité mondiale.

Paul McCartney, John Lennon, Paris, janvier 1964 ©1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP

Une redécouverte fortuite aux archives

C'est en 2020 que près d'un millier de photographies prises par Paul McCartney avec un appareil 35 mm ont été retrouvées dans ses archives personnelles. Ces images, restées inconnues pendant plus de cinquante ans, constituent un témoignage profondément personnel sur une période charnière de l'histoire du rock. Entre 1963 et 1964, les Beatles passent du statut de groupe à succès britannique à celui de phénomène planétaire, redéfinissant la notion même de célébrité à l'ère moderne. "À l'époque, on n'avait pas le droit à la paresse. Il fallait prendre la bonne photo, composer soi-même l'image dans son cadre sans se dire qu'au pire on pourrait toujours la rogner après-coup", se souvient Paul McCartney.

De Liverpool à l'Amérique : chronique d'une conquête

L'exposition, qui s'étend sur 700 m² d'espace muséal, suit un parcours chronologique en huit sections : derrière l'objectif, les premières années à Liverpool et Londres, Paris, les départs et arrivées à New York, le trajet de New York à Washington, Miami, et enfin une coda consacrée aux derniers jours de l'été 1964. Les photographies capturent l'intensité vertigineuse de cette période : les concerts survoltés, les longues journées de répétition, les chambres d'hôtel, les trajets interminables, le regard constant des médias. De Liverpool à Londres fin 1963, puis Paris, et enfin les États-Unis en février 1964, Paul McCartney immortalise chaque étape de cette aventure extraordinaire. Le moment décisif survient lors de leur performance dans "The Ed Sullivan Show", regardée par environ 73 millions de téléspectateurs américains. "L'Amérique fut sans conteste le gros lot : c'était le berceau d'une grande partie, voire de toute la musique qu'on aimait", confie l'artiste.

Un regard d'initié sur l'intimité des Fab Four

Ces images révèlent une facette méconnue des quatre garçons de Liverpool : leur découverte émerveillée du monde, leur fraternité face à la frénésie qui les entoure, leur regard sur une Amérique fantasmée. Moins de vingt ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis incarnent pour ces jeunes Britanniques le pays libérateur, symbole de modernité et de fascination. "C'était une période complètement dingue pour nous, on vivait des tas de trucs incroyables...", résume McCartney. Les photographies, souvent prises "à la volée", parfois floues ou cadrées de manière rigoureuse, saisissent des atmosphères caractéristiques des années 1960. On y découvre l'esthétique de l'époque à travers une lunette arrière de voiture, une vitre de train, un bout de trottoir devant l'Olympia à Paris où les Beatles partagent l'affiche avec Sylvie Vartan.

Une passion photographique née dans l'enfance

La pratique photographique de Paul McCartney remonte à son enfance, lorsqu'il s'initiait à cet art avec son frère grâce au premier appareil familial, un Kodak Brownie. Cette passion de jeunesse trouve ici son expression la plus aboutie, témoignant d'un œil affûté et d'une sensibilité artistique déjà manifeste. "La vue de ces photos ne me procure pas tant un sentiment de perte que de joie rétrospective (...) En fait chaque cliché fait remonter des souvenirs, et je peux m'amuser à retrouver l'endroit où a été prise telle ou telle photo, à me remémorer ce qu'on faisait hors champ à ce moment-là", confie l'artiste.

Paul McCartney, Autoportrait, Londres, 1963 ©1963-1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP

Une exposition inscrite dans les célébrations de la photographie

Organisée par Paul McCartney avec Sarah Brown pour MPL Communications Limited et Rosie Broadley de la National Portrait Gallery de Londres, cette exposition est présentée par le musée Granet – Ville d'Aix-en-Provence. Le projet s'inscrit dans les célébrations des 200 ans de la photographie et fait partie de la programmation des Rencontres d'Arles dans le cadre du Grand Arles Express. Cette exposition promet aux visiteurs bien plus qu'un simple voyage nostalgique : c'est une plongée dans l'intimité d'un moment historique, vu par l'un de ses principaux protagonistes, qui fut aussi témoin et artiste de son propre destin.

"Paul McCartney Photographe 1963-64: Eyes of the Storm", au musée Granet d'Aix-en-Provence du 4 juillet prochain au 3 janvier 2027.

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