ARTS
Publié le
13 mai 2026
Le Musée national de l’histoire de l’immigration exposera Aux origines, du 5 juin au 23 août prochain, à Paris. Une dizaine d’artistes y questionneront “l’origine”, facteur de discrimination dans notre société. Une visite entre art contemporain et sciences sociales.

Les stéréotypes ont la vie dure et prennent racine dans “l’origine”, ces prémices de vie où le statut social et la condition d’un individu semblent se définir. Un seul regard et tout bascule, il est discriminé pour ce qu’il est, paraît être, ou pour ce que le collectif imagine de lui. L’exposition Aux origines retrace ainsi ce processus de stigmatisation à travers l’art. Une démarche qui rejoint l’engagement du Musée national de l’histoire de l’immigration. Depuis sa création, l’institution culturelle cherche à déconstruire les préjugés sur l’immigration et celles et ceux qui en sont issus.


Aux origines rend compte du processus discriminatoire, de l’enfance à la vie adulte. Chaque aspect du quotidien est analysé. École, sport, travail, logement, santé, traitement policier, là où les regards produisent des effets concrets. L’exposition s'appuie sur une riche documentation effectuée en amont. Entre autres, différentes études tirées de l'Institut National d'Études Démographiques et des recherches du projet européen (UNDETERRED).


Jane Evelyn Atwood photographie La boxe féminine en noir et blanc là où Roméo Mivekannin use de l’acrylique pour un “bain d’elixir” aux femmes fièrement nues. Ses œuvres, celles de Kara Walker et bien d’autres, combattent les discours stéréotypés. Elles détournent les traditions et pensées coloniales, donnant une voix et un visage aux populations oubliées, longtemps réduites au silence.

La photographe américaine Tonika Mewi Johnson rend, elle, hommage au quotidien et capture l’expérience des discriminés, sans occulter leur puissance d’agir. Et si nous pouvions exister autrement dans une ère où l’identité fait sa mue continuellement ? Pourrait-on ne plus être réduits à de simples “catégories” ? C’est ce qu’imaginent Hamedine Kane, Dalila Dalléas Bouzar et d’autres artistes à retrouver dès le 5 juin prochain dans cet établissement public de la Porte Dorée.

"Aux origines", au Musée national de l’histoire de l’immigration, du 5 juin au 23 août prochain.