ARTS

Aux origines du regard : quand l'art déconstruit la discrimination

Publié le

13 mai 2026

Le Musée national de l’histoire de l’immigration exposera Aux origines, du 5 juin au 23 août prochain, à Paris. Une dizaine d’artistes y questionneront “l’origine”, facteur de discrimination dans notre société. Une visite entre art contemporain et sciences sociales.

Yohanne Lamoulère Le mythe de Gyptis et Protis - Des histoiresd’amour à Marseille, novembre 2016 - janvier 2017 FNAC 2017-0041 (6) Collection du Centre national des arts plastiques ©Yohanne Lamoulère / Cnap

Les stéréotypes ont la vie dure et prennent racine dans “l’origine”, ces prémices de vie où le statut social et la condition d’un individu semblent se définir. Un seul regard et tout bascule, il est discriminé pour ce qu’il est, paraît être, ou pour ce que le collectif imagine de lui. L’exposition Aux origines retrace ainsi ce processus de stigmatisation à travers l’art.  Une démarche qui rejoint l’engagement du Musée national de l’histoire de l’immigration. Depuis sa création, l’institution culturelle cherche à déconstruire les préjugés sur l’immigration et celles et ceux qui en sont issus.

Tonika LEWIS JOHNSON, « Enzo, Osain, Kopeto at Chatelet MetroStation » série Paris, Belonging, 2023, tirage photographique,Centre national des arts plastiques
Jane Evelyn Atwood La boxe féminine, 2000 FNAC 2000-212Collection du Centre national des arts plastiques ©Jane Evelyn Atwood

Une exposition richement documentée

Aux origines rend compte du processus discriminatoire, de l’enfance à la vie adulte. Chaque aspect du quotidien est analysé. École, sport, travail, logement, santé, traitement policier, là où les regards produisent des effets concrets. L’exposition s'appuie sur une riche documentation effectuée en amont. Entre autres, différentes études tirées de l'Institut National d'Études Démographiques et des recherches du projet européen (UNDETERRED).

Guillaume Collanges, Hôtels meublés - Si tu ne paies pas, tu t’envas, entre 2000 et 2001 ©Palais de la Porte Dorée, collectionMusée national de l'Histoire de l'immigration
Jane Evelyn Atwood, La boxe féminine , 2000 FNAC 2000-202Collection du Centre national des arts plastiques ©Jane Evelyn Atwood

Une visite en trois temps

Jane Evelyn Atwood photographie La boxe féminine en noir et blanc là où Roméo Mivekannin use de l’acrylique pour un “bain d’elixir” aux femmes fièrement nues. Ses œuvres, celles de Kara Walker et bien d’autres, combattent les discours stéréotypés. Elles détournent les traditions et pensées coloniales, donnant une voix et un visage aux populations oubliées, longtemps réduites au silence.

Gérald Bloncourt, Les Amoureux en noir et blanc , 1965, tiragegélatino-argentique sur papier fine Art, 30cm x 40cm, MuséeNational de l'Histoire de l'immigration, inv.

La photographe américaine Tonika Mewi Johnson rend, elle, hommage au quotidien et capture l’expérience des discriminés, sans occulter leur puissance d’agir. Et si nous pouvions exister autrement dans une ère où l’identité fait sa mue continuellement ? Pourrait-on ne plus être réduits à de simples “catégories” ? C’est ce qu’imaginent Hamedine Kane, Dalila Dalléas Bouzar et d’autres artistes à retrouver dès le 5 juin prochain dans cet établissement public de la Porte Dorée.

Didier Ben Loulou, série "Rencontres", 2004, ©mahJ / Didier BenLoulou

"Aux origines", au Musée national de l’histoire de l’immigration, du 5 juin au 23 août prochain.

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