ARTS
Publié le
8 novembre 2026
Au bord du canal de l’Ourcq, une halle industrielle de 18 mètres de haut accueille dès ce week-end un lieu mêlant culture, restauration, artisanat et travail.

C’est l’aboutissement d’un projet de dix ans. Les Grandes Serres de Pantin ouvrent officiellement au public ce mois de novembre 2026, sur le site des anciens Établissements Pouchard, ces usines de tubes d’acier qui ont marqué l’identité industrielle du canal de l’Ourcq. Les deux grandes halles construites pour abriter les ponts-roulants ont été conservées et transformées en un vaste espace ouvert à tous.
Porté par le promoteur Alios Développement, qui a lancé la réflexion dès 2016 après le départ de Pouchard, le projet s’étend sur près de quatre hectares. La halle publique, réhabilitée par l’agence Moatti-Rivière, occupe 11 000 m². Autour d’elle, un campus de bureaux, d’ateliers et de commerces s’organise au cœur de deux hectares de jardins. Huit bâtiments neufs viendront le compléter, avec une offre mêlant hôtellerie et coliving. La livraison de l’ensemble est attendue entre 2028 et 2029. Pour relier le site à la ville, une passerelle en acier Corten, inaugurée en septembre, enjambe le canal. Elle connecte le quartier de l’Église de Pantin et sa station de métro à la rive des Grandes Serres.

Au centre de la halle, l’Agora déploie 2 000m² autour d’un bar central. On y déjeune comme on y assiste à des concerts pouvant réunir jusqu’à 2 800 personnes. Cinq comptoirs de restauration y cohabitent, avec la promesse d’un plat à 10 euros chez chacun. Parmi eux, on trouve Mûre, Refugee Food, Coupi (cuisine vietnamienne) et Fermento (cuisine italienne), mais aussi Carnis, consacré aux viandes en circuit court. Le Comptoir du 93, une résidence de chefs en partenariat avec le Département, accueille d’abord Manon Noël et sa cuisine végétale. S’y ajoutent un fournil, un bar à vins nature et un café littéraire à l’étage. La musique est omniprésente : le disquaire Tinpan participe à la programmation, Qobuz s’associe aux sessions d’écoute, et la Scène, auditorium d’environ 300 places pensé pour la musique classique, s’ouvre à des formats plus expérimentaux.

Trois membres du collectif Diamètre 15 ont signé des œuvres pour le lieu. Léa Rivera Hadjes a conçu une installation suspendue à partir de ses archives photographiques. Côme Clérino a habillé les comptoirs de céramiques émaillées, et Victor Cord’homme a créé le Grand Cerf Solaire, une sculpture réalisée en partie avec des tubes récupérés de l’ancienne usine.

Jeudi pour la jeune scène locale, vendredi pour le croisement des disciplines, samedi pour les têtes d’affiche, dimanche en mode familial avec brunch et ateliers : chaque jour de la semaine a son identité. Expositions et petits concerts sont gratuits.

Le coup d’envoi a été donné ce 6 novembre avec un concert et un DJ set programmés par Tinpan. Le 7, une rencontre avec l’architecte Alain Moatti, un atelier de sérigraphie et des concerts rythment la journée. Le 8, après le brunch, a lieu le vernissage de Baume Chérie, exposition d’Idir Davaine avec la galerie Ketabi Bourdet, visible jusqu’au 4 janvier 2027. Le violoncelliste Gaspar Claus se produit le même soir à la Scène. Suivront FIP 360 le 12 décembre prochain, avec notamment Miss Kittin et HAAi, puis l’exposition-performance Tabula de l’agence C-Album du 18 au 20 décembre prochain.

Les Grandes Serres de Pantin, 1 rue du Cheval Blanc, 93500 Pantin. Programmation complète sur le site des Grandes Serres.
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