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Publié le
20 octobre 2026
Quand la maison ouvre sa toute première boutique en septembre 2000, douze ans après ses débuts, elle écarte Paris, où se trouvent ses bureaux, comme Anvers ou Bruxelles, les villes du fondateur belge Martin Margiela. Elle choisit Ebisu, un quartier résidentiel de Tokyo, dans l’arrondissement de Shibuya. Le choix surprend, mais il s’inscrit dans une longue histoire : Martin Margiela et les Six d’Anvers se rendaient régulièrement au Japon dans les années 1980 et 1990, où ils échangeaient avec des créateurs comme Rei Kawakubo.

À l’époque, les marques s’installent plutôt à Omotesando ou Ginza, là où la clientèle du luxe afflue. Margiela préfère une "minka" des années 1940, une maison traditionnelle en bois, nichée au 3-3-3 Ebisu Minami sur une rue arborée et pentue, à vingt minutes en voiture du quartier de luxe le plus proche. En 2006, la boutique doit déménager. La maison y voit l’occasion de renforcer son lien avec le quartier plutôt que de gagner un emplacement plus commercial. Elle s’installe à cinq minutes à pied, au 2-8-13 Ebisu Minami, dans une ancienne usine de produits électriques. C’est là que l’identité de la marque s’est construite pendant vingt ans. Des membres de l’équipe présents depuis l’ouverture y travaillent encore, et les expositions et événements organisés sur place ont jalonné l’histoire créative de la maison.
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Ce chapitre s’inscrit dans MaisonMargiela/folders, un projet de recherche et de documentation qui rend publics, via un Dropbox, les documents de travail habituellement invisibles de la maison. Le premier chapitre, publié en avril 2026, explorait les origines de quatre codes fondateurs : l’Artisanal, le Bianchetto, le Tabi et l’Anonymat. Le nouveau dossier, intitulé Maison Margiela Tokyo: 20 Years at 2-8-13, raconte la naissance de la boutique, recueille les souvenirs de ses équipes et revient sur le Tabi, sans doute le lien le plus célèbre de la maison avec la culture japonaise. Margiela y découvre le jika-tabi, chaussure de travail à semelle de caoutchouc héritée de la chaussette japonaise à orteil séparé. Il le réinterprète en botte à talon, portée lors du premier défilé, printemps-été 1989. Le dossier donne aussi la parole à la communauté de collectionneurs et d’habitants d’Ebisu.

Les premiers fichiers, dont l’histoire de Maison Margiela Tokyo, sont en ligne depuis le 20 octobre. Le 5 novembre, un fanzine en édition limitée sera distribué dans le quartier d’Ebisu et en boutique, avant d’être publié à son tour sur le Dropbox. Le même jour, l’installation Line 2: Unravelled Memory, Rewoven Future ouvrira en boutique et restera visible jusqu’au 15 novembre. Elle naît d’un dialogue entre l’artiste Mio Suzuki, invitée avec les conseils de l’historienne de l’art Yuko Hasegawa, et les manufactures nationales de Sèvres et du Mobilier national.
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La boutique a aussi servi de lieu d’expérimentation. En 2019, elle a accueilli l’exposition de la collection Artisanal et Co-Ed printemps-été 2019. En 2024, elle a présenté une exposition immersive autour de la dernière collection Artisanal de John Galliano pour la maison.