INTERVIEW

Dina Ayada : "Gunna voulait montrer au monde la star qu’il voit en moi."

Publié le

2 février 2026

À tout juste 22 ans, Dina Ayada s'impose comme l'une des voix les plus prometteuses de la nouvelle scène hip hop européenne. Avec son premier album Identity, l'artiste belge livre bien plus qu'un simple projet musical : elle dévoile son histoire, sa véritable essence et le chemin parcouru depuis ses débuts. Entre Los Angeles, où elle puise son inspiration, et l'Europe, où elle a grandi bercée par les légendes du hip hop américain, elle trace sa propre route. Une trajectoire fulgurante qui l'a menée jusqu'à collaborer avec Gunna, devenu bien plus qu'un simple featuring : un mentor, un ami, le producteur exécutif de son album. Rencontre avec une artiste sincère et déterminée, qui jongle entre musique et mode, tout en restant fidèle à elle-même.

Dina Ayada ©DR

Dina, si vous deviez vous présenter en quelques mots…

Inspirante, sincère, bienveillante et talentueuse.

Vous avez appelé votre album Identity. Qu’est-ce que ce mot signifie pour vous ?

Pour moi ce mot a une grande importance. L’album reflète ma personne et mon histoire que je partage avec le monde. Je pense que beaucoup de gens ont mal compris qui je suis, en tant qu’artiste, mais aussi en tant que personne. Aujourd’hui, je me présente réellement et je montre ma véritable identité. Je partage mes expériences de vie, qui je suis en dehors de la musique et ce que j’ai traversé. Au début de ma carrière, j’étais une jeune artiste en devenir et je n’avais pas vraiment eu l’occasion de vivre pleinement, de voir les choses ou d’en faire l’expérience. Mais ensuite, dès que j’ai commencé à décoller sur les réseaux sociaux et avec ma musique, j’ai commencé à vivre et traverser beaucoup de choses.

"Les artistes new-yorkais, en particulier, m’ont énormément inspirée, par leur style, leur culture et leur mode de vie."

Pouvez-vous me parler de votre expérience à L.A ?

Oui bien sûr ! J’ai toujours admiré Los Angeles parce que c’est aussi de là que vient la musique. Beaucoup d’artistes vivent là-bas, mais mon expérience à L.A est différente de celle en Europe. J’ai ce sentiment qu’à chaque fois que je suis dans cette ville, je peux réellement être moi-même. Je suis en contact avec beaucoup de créatifs là-bas parce que c’est justement l’endroit idéal pour rencontrer d’autres artistes, des producteurs ou des personnes avec qui collaborer sur le plan professionnel. A mon avis, si je n’étais pas allée à Los Angeles, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui. Je suis donc très reconnaissante d’avoir fait le pas et pris cette décision sans trop y réfléchir.

J’ai également remarqué que vous êtes très inspirée par la musique hip hop, plus particulièrement le hip hop américain…

Je me souviens que, quand j’étais plus jeune, à l’époque où j’allais à l’école, je regardais MTV Cribs, les clips à la télévision. Je voyais Aaliyah, Kanye West, Jay-Z, DMX et plein d’autres. Les artistes new-yorkais, en particulier, m’ont énormément inspirée, par leur style, leur culture et leur mode de vie. A l’époque, j’étais déjà attirée par ce train de vie de superstar. Et puis, dès que j’ai commencé à m’informer, à comprendre l’industrie et la musique en général, je suis tombée amoureuse de la musique et de tout ce qui l’entoure.

Racontez-moi votre collaboration avec Gunna…

Gunna est comme mon meilleur ami. Je l’ai rencontré pendant sa tournée, il m’y avait invité personnellement. Il m’a découverte et m’a donné l’opportunité de me produire aux États-Unis avec lui. Au fil de nos échanges durant la tournée, une réelle connexion s’est créée entre nous. J’ai senti qu’avant d’être un artiste, il est une personne très sincère. J’ai ressenti l’énergie et cette impression que nous étions faits pour travailler ensemble, ou même simplement passer du temps ensemble, parce qu’il est juste incroyable. Depuis la tournée, Gunna et moi sommes restés en contact. Nous avons commencé à traîner ensemble, à aller au studio tous les jours. Mais, je passais surtout du temps avec lui pour mieux le connaître, avoir des conversations profondes sur l’industrie, sur moi, qui je suis, et sur lui, en dehors de la musique. Ensuite, on a commencé à se retrouver à Dubaï et à Londres. Et puis un jour, il y a quelques mois, il est venu me voir au studio et m’a dit : "Dina, tu es ma protégée, Aaliyah, adorerait être productrice exécutive de ton album." J’ai vraiment cru que c’était une blague, je ne vais pas mentir. Je le regardais, un peu confuse et je lui ai dit d’accord. Le lendemain, je retourne au studio avec lui. Je suis assise sur le canapé en train d’écouter sa musique parce que je l’adore en tant que personne, mais aussi le message qu’il essaie de véhiculer. Donc ce n’est pas une simple amitié entre artistes. Du fond du cœur, je lui souhaite le meilleur dans la vie. Et il m’a dit qu’il le ressentait aussi. Il croit en moi et je suis toujours là pour lui. C’est à ce moment-là qu’il est revenu vers moi, très sérieux, pour me dire qu’il voulait réellement être le producteur exécutif de mon album. Il voulait montrer au monde la star qu’il voit en moi. C’est là que tout a démarré. On a commencé par écouter des démos, voir comment on pouvait travailler… Et ensuite, tout s’est enchaîné de manière très fluide.

"Je soutiens les femmes dans l’industrie. Je les considère comme mes sœurs et j’ai envie de les pousser à aller plus loin, à faire mieux, à être au sommet, parce qu’on le mérite."

Il y a une grosse hype autour de l’art belge en ce moment. Comment l’expliquez-vous ?

Je ne connais pas beaucoup d’artistes belges à part Stromae, Angèle ou encore Hamza. J’ai le sentiment qu’on a une manière différente de faire de la musique. On se distingue de la musique américaine et je pense que c’est aussi pour ça que beaucoup de gens se reconnaissent dans ce que je fais. Je chante en anglais, mais je l’aborde différemment des artistes anglophones. Au fond, c’est une question de culture.

Dans l’industrie musicale, y a-t-il des artistes féminines dont vous appréciez le style, ou avec lesquelles vous aimeriez collaborer ?

J’ai une très bonne amie, Saweetie. Elle est incroyable, sincère et j’adore sa musique et ce qu’elle dégage. Ensuite, il y a SZA, que j’ai rencontrée récemment à Paris, au dîner Kenzo. Elle est super cool, très authentique et sa mère aussi ! J’aime beaucoup Doja Cat, qui est extrêmement talentueuse et bien sûr Aaliyah. Pour être honnête, j’écoute les mêmes artistes tous les jours, mais je soutiens les femmes dans l’industrie. Je les considère comme mes sœurs et j’ai envie de les pousser à aller plus loin, à faire mieux, à être au sommet, parce qu’on le mérite. La musique n’a rien à voir avec le genre et je pense que beaucoup de gens se trompent là-dessus. On est avant tout des êtres humains. On fait tous de la musique, on a tous un style, des mélodies, une sensibilité. Le respect mutuel, ce serait vraiment l’idéal.

Dina Ayada ©DR

Donc vous êtes actuellement à Paris pour la fashion week et j’ai vu que vous allez être la prochaine égérie de Salomon. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette collaboration ?

Tout d’abord, je suis très honorée de pouvoir collaborer avec Salomon. Je pense qu’ils sont très inspirants. Ils sont déjà connus sur le marché, mais je les vois de plus en plus et c’est ce que j’aime. Toute l’équipe est super sympa. Ils sont venus vers moi parce qu’ils aiment mon style, ce que je représente, mon image. Dès le début, j’ai dit à mon manager : "Je trouve que ça a totalement du sens", parce que je véhicule quelque chose qui porte le même message que moi, pas à travers la musique cette fois, mais à travers la mode. Je suis une grande passionnée de la mode et j’ai hâte de collaborer davantage avec eux à l’avenir, peut-être même designer des chaussures ou des vêtements, parce que la mode me passionne vraiment. En dehors de la musique, je pense que la mode est clairement la prochaine étape pour moi. Je crois que c’est important de bien s’habiller pour se démarquer, pour proposer quelque chose de différent et c’est exactement pour ça que Salomon est cool. Si tu connais la marque Salomon, c’est que tu es cool, que tu es une vraie icône de la mode et que tu t’intéresses réellement à la mode !

Qu’est-ce que vous esquivez dans la musique ?

L’énergie négative, les personnes avec qui je ne devrais pas être, toutes ces mauvaises choses comme la violence ou le manque de respect. Mais je ne pense pas vraiment devoir les éviter directement, parce que je ne m’entoure pas de ce genre d’énergie ou de ce type de situations dès le départ. Du coup, je fais juste mon chemin, je vis dans mon petit monde, même dans l’industrie.

"Identity", Dina Ayada, disponible partout.

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