INTERVIEW

TRINIX : "On souhaiterait un feat. avec Justin Bieber et Ed Sheeran."

Publié le

28 août 2025

1 milliard de streams cumulés, 10 millions d’abonné(e)s sur les réseaux sociaux, N°1 des DJ français les plus suivis sur TikTok et dans le monde… Des chiffres vertigineux que le duo de DJ lyonnais TRINIX cumule avec ses succès aux tonalités exotiques : "Vaitimbora" en duo avec l’artiste brésilienne Mari Froes et "Emorio" au côté de l’iconique Fafá de Belém. Des collaborations artistiques qui font résonner des sonorités latines, mais pas que. En témoignent les 12 titres de leur album Origin, disponible ce 29 août, qui traversent 12 pays du globe. Une façon pour Loïs Serre et Josh Chergui de revenir aux sources et de collaborer avec des artistes talentueux, connus ou non, du monde entier. Une ode au voyage, à la découverte et aux rencontres qui leur sont chères et précieuses, à l’instar de celle avec Will Smith — fan de la première heure du duo ! — ou de Sofiane Pamart avec qui ils partagent "Oro". Rencontre avec deux amis d’enfance qui s’émerveillent encore et projettent toujours plus grand.

TRINIX ©Jean Picon

Le duo Trinix, si vous deviez vous présenter en quelques mots…

Josh Chergui : On s’appelle Trinix, on vient de Lyon et on fait de la musique électronique.

D’ailleurs, d’où vient le nom "Trinix" ?

Loïs Serre : On cherchait un mot qui n’existait pas. On voulait aussi qu’il se termine par un "X" parce que nous étions fan de plusieurs artistes à l’époque avec des sonorités comme ça. On a choisi "Trinix".

Josh Chergui : On trouvait que ça sonnait un peu comme un nom de médicament. On s’est dit que c’était bien pour nous parce qu’on allait soigner l’industrie musicale !

Loïs Serre : Très mégalos à l’époque ! [Rires général]

Vous sortez votre album Origin, le 29 août. Il y aura 12 pays donc 12 morceaux. Est-ce qu’il y a cette idée de retour aux sources ?

Josh Chergui : Complètement !

Loïs Serre : C’est le principe même de l’album. On voulait revenir à un truc un peu plus terre à terre et instinctif en faisant de la musique sans réfléchir, en allant chercher des artistes talentueux du monde entier, connus ou non.

Votre titre "Vaitimbora", qui a cartonné sur les réseaux, signifie "Va-t’en !". Était-ce que déjà un encouragement à partir loin pour revenir plus riche de rencontres et d’expériences ?

Loïs Serre : Oui totalement. Il y a 3 ou 4 ans, on faisait déjà de la musique depuis longtemps et on en avait un peu marre de sortir des morceaux très pop en anglais. Après plein de voyages, on a découvert beaucoup de nouvelles sonorités, de nouveaux rythmes et plus de liberté. Par exemple, pour le single "Emorio", c’est Josh qui a découvert cette artiste très connue au Brésil, durant un voyage. Il avait acheté un vinyle de Fafá de Belém.

Josh Chergui : C’est l’équivalent de Mylène Farmer là-bas ! Ce qui est drôle, c’est qu’aujourd’hui tous les artistes dans la musique électro, sans forcément dire que ça vient de nous, vont chercher des sonorités à l’international. Ce qui ne se faisait pas trop auparavant. Les musiques brésiliennes et indiennes ont pris beaucoup d’ampleur.

Quel est le lieu qui vous a fait le plus rêver ?

Josh Chergui : On aime beaucoup le Brésil avec les sonorités latines.

Loïs Serre : Nous ne sommes jamais allés en Inde mais ils ont vraiment des sonorités qu’on ne retrouve nulle par ailleurs.

TRINIX ©Jean Picon

Sur l’album, vous faites de nombreuses très belles collaborations, notamment avec Sofiane Pamart, Tayc, ou Fafá de Belém sur "Emorio" qui est déjà single de platine. Comment avez-vous pensé ces collaborations ?

Loïs Serre : Avec cet album, on voulait revenir à un truc assez simple et pas trop se mettre de pression.

Josh Chergui : Ça s’est fait assez naturellement. Sofiane, ça fait 3 ou 4 ans qu’on le connait. Nous nous étions rencontrés lors d’un de ses Olympia, c’est devenu un pote et on savait qu’on voulait faire de la musique ensemble.

Loïs Serre : Un jour, il nous a envoyé une vidéo où il faisait une mélodie sur son piano et il nous a demandé ce qu’on en pensait. On a tout de suite eu l’idée de construire un titre autour de ça. Ça se fait souvent comme ça, via Internet. Nous sommes souvent allés chercher des artistes car c’est notre mode de fonctionnement de dénicher des talents sur les réseaux sociaux.

Josh Chergui : "Un matin, j’ai dit à Loïs : Ce serait bien de poster un truc. Il y a cette vidéo qui traîne ! C’était ‘Vaitimbora’ !" [Rires]

Le jour de la sortie de l’album, vous serez dans le Sud, à Salon-de-Provence. Vous prévoyez un show différent pour l’occasion ?

Josh Chergui : On a déjà préparé un show pour cet été qui est différent de celui qu’on fait d’habitude. On va tester les musiques de l’album et voir aussi les réactions du public. Habituellement, quand on sort un single, on l’a déjà un peu testé au préalable. Par exemple, "Emorio", on l’a testé un an avant de le sortir. Pour un album, ce n’est pas possible mais comme il tombe à la fin de l’été, on a pu faire le set des festivals qu’on va faire autour de lui.

Est-ce que vous pouvez nous donner des pistes sur la façon dont on construit un tube ? Comment sait-on quand on l’a ?!

Loïs Serre : C’est quand on ne pense pas l’avoir ! On a toujours voulu faire des musiques qui marchent et le jour où on a arrêté de penser comme ça, et où on nous nou sommes vraiment amusés, ça n’a jamais autant marché. L’exemple de "Vaitimbora", ça faisait un an qu’on l’avait de côté.

Josh Chergui : Un matin, j’ai dit à Loïs : "Ce serait bien de poster un truc. Il y a cette vidéo qui traîne ! C’était ‘Vaitimbora’" [Rires général]

Vous avez dû être surpris par l’engouement ?

Loïs Serre : Ce n’est pas venu tout de suite…

Josh Chergui : Ça s’est fait sur une ou deux semaines. 700 000 écoutes par jour sur un titre, ça ne nous était jamais encore arrivé.

Loïs Serre : Ça nous ai déjà arrivé d’avoir ce truc magique où les gens se sont accaparés les sons. Quand ça rentre dans le cœur des gens, les radios le jouent, il y a des écoutes... A chaque fois qu’on a eu ça, c’est sur des morceaux où on ne s’y attendait pas du tout !

Comment on se répartit les rôles quand on mixe à 4 mains… ?!

[Rires général]

Loïs Serre : C’est vrai que c’est toute une histoire !

Josh Chergui : Quand on fait des DJ set, les platines nous servent pour envoyer la piste maître, c’est-à-dire une piste où on enlève toutes les parties qu’on va jouer. Ça peut être du piano, par exemple, qu’on joue nous-même donc ça nous occupe les mains !

TRINIX ©Jean Picon

Vous êtes amis d’enfance, vous avez grandi à Lyon. Est-ce qu’être Lyonnais signifie quelque chose de fort pour vous ?

Josh Chergui : Oui, c’est la meilleure ville de France ! C’est la capitale de la gastronomie avec Paul Bocuse et on a un Olympique qui est magnifique !

J’ai regardé quels artistes venaient de Lyon, ça semble être un vivier… ! On retrouve d’autres pointures de la musique : Jean-Michel Jarre, Gesaffelstein ou Woodkid. Ce sont des inspirations ?

Loïs Serre : Il y a Florence Foresti et Raymond Domenech aussi mais rien à voir ! [Rires] Ils ne nous ont pas forcément inspiré parce qu’ils n’ont pas ce truc un peu chauvin. On a appris très tard que ces artistes étaient Lyonnais. Souvent, ils vont vivre à Paris. Nous, on habite toujours à Lyon et ça choque toujours les gens. Il y a peu d’artistes qui font rayonner la ville et peu d’évènements mis en place, même depuis l’enfance.

Josh Chergui : On nous dit souvent qu’avec ce qu’on fait, on devrait être à Paris. On préfère rester à Lyon, c’est vraiment la meilleure ville de France et je pèse mes mots ! J’ai beaucoup voyagé et je ne trouve pas un cadre aussi cool qu’à Lyon. Ce que font Bigflo et Oli à Toulouse, c’est quelque chose qu’on aimerait beaucoup faire à Lyon. Ils valorisent la ville et les artistes qui y sont issus. Paris, c’est has been maintenant ! [Rires général]

Loïs Serre : "En 2025, on définirait l’électro par ce côté diversifié."

De nombreuses stars vous suivent ou reprennent vos remix sur leurs réseaux, je pense au basketteur Shaquille O’Neal, à votre rencontre avec Will Smith qui dit être fan de vous ou à vos collaborations avec Aya Nakamura ou Fergie. Est-ce qu'elles font écho à votre âme d’enfant et donc à l’émerveillement ?

Josh Chergui et Loïs Serre : Complètement !

Josh Chergui : Will Smith, on a vu tous ses films mais on garde notre sang froid face à eux ! On a ce truc "fan de stars", on adore en rencontrer.

Quelle(s) serai(en)t vos collaborations de rêve par la suite ?

Loïs Serre : Justin Bieber mais Josh veut le feat. Ed Sheeran/ Justin Bieber !

Josh Chergui : Exact !

Qu’est-ce que vous esquivez dans la musique ?

Loïs Serre : Les process !

Josh Chergui : On esquive les gossip aussi !

Qu’est-ce qu’on esquive mieux à deux ?

Josh Chergui : Les problèmes et aussi la dépression. On se parle et on prend les décisions ensemble…

C’est vrai qu’on pense souvent que la vie de DJ est très chargée avec un lifestyle hors de la réalité… comme dans le documentaire Netflix sur le DJ Avicii… Est-ce qu’à deux, c’est plus facile de garder la tête sur les épaules selon vous ?

Josh Chergui : Oui a de grosses discussions tard le soir ! On n’est pas censés vivre ça. Notre vie, c’est une courbe. On a des Up avec Will Smith, on joue dans des festivals de 40 000 personnes… On reçoit plein d’amour avec un taux d’endorphine qui monte et derrière, on rentre chez soi tout seul. Il y a une redescente. On a appris à le vivre mais au début, on ne comprenait pas ce qui se passait. Je rentrais chez moi et je mettais une semaine à m’en remettre. C’était très dur, on a commencé à s’en parler.

Loïs Serre : On accepte aussi le fait de vivre des trucs incroyables mais on sait que ce n’est pas le quotidien. On habite toujours à Lyon et ça nous protège aussi. Ça nous permet d’avoir une petite vie tranquille, de voir nos amis, de se faire refouler d’un bar comme tous les humains sur Terre ! C’est mon quotidien ! [Rires]

Vous avez plus de 10 millions d’abonné(e)s sur les réseaux, vous êtes les DJ français les plus suivis sur TikTok, entre autres, et vous proposez une œuvre multi culturelles. Est-ce que faire une expérience avec Le Cercle fait partie de vos projets ?

Josh Chergui et Loïs Serre : Non pas pour l’instant.

TRINIX ©Jean Picon

C’est quelque chose qui vous plairait ?

Loïs Serre : Oui vraiment. C’est typiquement des choses qu’on regardait il y a 6 ou 8 ans quand ils le faisaient déjà dans des endroits incroyables, donc il y a aussi ce côté voyage. Après, on le fait sans Le Cercle, c’est carré nous ! [Rires général] On fait des livestreams dans plein d’endroits : à l’Alpe d’Huez, à Uzès, à Lyon aussi, et un bientôt à Paris.

Comment définiriez-vous l’électro en 2025 ?

Loïs Serre : En 2025, on définirait l’électro par ce côté diversifié.

Que peut-on vous souhaiter ?

Loïs Serre : D’être heureux et de rencontrer Justin Bieber !

Josh Chergui : Et Ed Sheeran pour la collab’… ! Et d’avoir un disque d’or aussi, ce serait cool !

"Origin", Trinix, disponible ce 29 août.

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