STYLE
Samuel L. Jackson erre dans les couloirs infinis d'un hôtel où le temps n'existe pas. Derrière chaque porte, une icône. JENNIE en total look noir et blanc. Kendall Jenner dans une veste rouge Equipment Blocking. Lamine Yamal, prodige du football à 18 ans. Baby Keem, James Harden, Tyshawn Jones, Olivia Dean. Tous portent la même chaussure : la Superstar.

Bienvenue au Superstar Hotel, un univers cinématographique conçu par le photographe et cinéaste Thibaut Grevet, où adidas Originals célèbre le printemps 2026 en effaçant toute notion de temporalité. Le concept ? Démontrer que certaines icônes – qu'elles soient humaines ou en cuir à coquille – échappent à l'obsolescence programmée.

La campagne précédente parlait du temps. Celle-ci l'abolit. Jackson, narrateur et protagoniste, traverse un labyrinthe architectural où se croisent plusieurs générations d'influenceurs culturels. Chaque chambre ouvre sur un univers distinct : la K-pop mondiale de JENNIE, l'élégance glaciale de Kendall Jenner, l'énergie brute du skate incarnée par Tyshawn Jones. "Les Superstars ne disparaissent jamais. Elles sont intemporelles et iconiques", affirme Annie Barrett, Vice-Présidente Marketing d'adidas Originals. La formule pourrait sembler convenue si la campagne ne prenait pas le risque d'un traitement quasi lynchien – corridors sans fin, portes qui s'ouvrent sur des réalités parallèles, temporalités qui se télescopent.

Créée en 1969 pour le basketball, détournée par les pionniers du hip hop dans les années 1980, réappropriée par le streetwear puis la mode, la Superstar a survécu à tous les cycles. Sa coquille en caoutchouc, ses trois bandes latérales, son profil bas – rien n'a vraiment changé. Et c'est précisément ce qui fascine. Pour le printemps 2026, adidas Originals revisite l'esthétique de la Superstar avec une subtilité rare dans l'industrie de la sneaker. Pas de réinvention brutale ni de collaboration tape-à-l'œil. Juste des évolutions discrètes : tons légèrement modifiés, textures retravaillées, touches de rouge venant dynamiser le noir et blanc iconique.

La collection textile accompagnant la campagne joue sur l'hybridation. Côté homme : survêtements aux coupes amples avec blocs de couleurs rouge-noir-blanc, shorts en denim (portés par Tyshawn Jones) qui témoignent de l'accent mis sur le jean cette année, t-shirts et maillots en jacquard dans des tons neutres. Côté femme, la Superstar Tracktop s'impose comme pièce maîtresse. Kendall Jenner la porte en version Equipment Blocking rouge. Elle se décline aussi en faux cuir à la structure épurée, et même en crochet – brouillant définitivement les frontières entre sport et mode urbaine. Cette approche illustre parfaitement la philosophie d'adidas Originals : puiser dans l'héritage sportif pour le réinterpréter à travers le prisme de la culture contemporaine. Le logo Trèfle, introduit en 1972, continue de porter cette double identité – athlétique et créative, fonctionnelle et symbolique.

Le choix des protagonistes n'a rien d'arbitraire. Tous entretiennent un lien avec la musique – de JENNIE, superstar mondiale de la K-pop, à Olivia Dean, nouvelle voix marquante de la pop britannique, en passant par Baby Keem, virtuose du rap américain. James Harden représente la NBA, Lamine Yamal le football nouvelle génération, Tyshawn Jones la légende du skate. Cette constellation multigénérationnelle et multidisciplinaire incarne exactement ce qu'adidas Originals défend : une chaussure qui traverse les frontières – géographiques, générationnelles, culturelles – sans jamais perdre sa pertinence. Dans le film réalisé par Thibaut Grevet, ces icônes apparaissent comme des fantômes élégants, figures hors du temps habitant les chambres du Superstar Hotel. Jackson les cherche, les croise, les observe. Chacune révèle sa créativité, son identité et son impact durable.

Cette campagne dit quelque chose de profond sur la manière dont certains objets acquièrent un statut quasi mythologique. La Superstar n'est plus une simple sneaker – elle est devenue un signifiant culturel, un marqueur d'appartenance, un totem partagé par des communautés qui n'ont a priori rien en commun. Un basketteur NBA, un skateur californien, une chanteuse coréenne, un footballeur espagnol, une mannequin américaine – tous réunis par une paire de chaussures à coquille en caoutchouc. C'est exactement ce qui fait qu'une icône reste une icône. Le Superstar Hotel n'existe pas. Mais quelque part, dans l'imaginaire collectif, il accueille depuis cinquante ans tous ceux qui ont compris qu'un objet simple, bien conçu, peut traverser les décennies sans jamais se démoder.
Collection Superstar Printemps 2026/ Disponible sur adidas.fr/tenues_streetwear
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