FASHION WEEK
Après le triomphe de "The Agony and the Ecstasy", Daniel Roseberry pensait avoir trouvé la formule et tente de la reproduire à l'identique. Cette fois, la méthode ne fonctionne pas. En lâchant le contrôle et en s'abandonnant à l'inconnu, il retrouve le plaisir de créer, fidèle à l'esprit d'Elsa Schiaparelli, pour qui le surréalisme n'était jamais une fuite mais une manière de révéler des réalités inexprimables. La collection interroge une question simple : la beauté vient-elle du matériau noble, ou de l'imagination qui le réinvente ? Latex, silicone et peinture sculptée remplacent soies et satins. La veste Schiaparelli, pièce iconique de la maison, devient un simple accessoire brodé. Un bustier hyperréaliste moulé en silicone bleu laiteux, une jupe fleurie faite de bas nylon tendus sur fil de fer, une veste incrustée de vraies fleurs et d'écailles de poisson aux tentacules de latex cinétique : chaque pièce repousse les limites de la fabrication couture. La palette puise dans la faune marine : rose homard, violet, tangerine, menthe pâle, sur fond de noir laqué et d'or Schiaparelli, matériau devenu sculpture. Sac hérissé de crinoline, chaussure Bubble à l'allure alien, bijoux en tentacules de poulpe : les accessoires prolongent cette tension entre légèreté et étrangeté. Pour Roseberry, la vraie maîtrise couture n'est pas de dominer, mais de créer dans l'inconnu sauter sans savoir si le filet apparaîtra.
