CINÉMA
Publié le
16 mai 2026
À l’ouverture du Festival de Cannes 2026, Elijah Wood, alias Frodon Sacquet, protagoniste du Seigneur des anneaux, a remis la Palme d’honneur à Peter Jackson, réalisateur de la trilogie. Après Robert de Niro et Denzel Washington récompensés l’an dernier, le Néo-Zélandais s’inscrit parmi les grands noms du cinéma.

Il existe “clairement un avant et un après Peter Jackson”. Et Thierry Frémaux, délégué général du festival, n’est pas seul à le constater. Cette récompense offerte sur la Croisette vient saluer un Peter Jackson ébouriffé au milieu des stars tirées à quatre épingles. Apparence atypique, carrière inclassable : "une œuvre qui fusionne blockbusters hollywoodiens et films d'auteur, dans une volonté artistique et une audace technologique hors normes”. Horreur, parodie érotique, cinéma fantastique : Peter Jackson, fervente figure du film de niche, a malgré tout produit l’un des plus éblouissants blockbusters de son temps : le Seigneur des anneaux.
Peter Jackson mène probablement le projet le plus ambitieux de l’histoire du cinéma. Pour être efficace, le tournage se déroule simultanément dans deux studios et sur plusieurs sites naturels en Nouvelle-Zélande, pays d’origine du scénariste. Plus de 19 000 costumes, 285 millions de dollars investis et plusieurs milliers de figurants, l’ambition est couronnée de succès. Au final, 3 films de 3 heures, sortis en 3 ans : La Communauté de l’anneau en 2001, Les Deux Tours en 2002 et Le Retour du Roi en 2003. Oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario adapté en 2003, Golden Globe en 2004… Pari fou autrefois, la trilogie devient un incontournable, une référence absolue du cinéma fantastique.
Ambitieux et visionnaire, Peter Jackson aime prendre des risques et mise sur un casting sans grandes vedettes pour une saga qu'il espère grandiose. Un pari gagnant : Peter Jackson révèle de futures stars du cinéma comme Elijah Wood, Sean Astin ou encore Orlando Bloom dans la figure elfique de Legolas et qui incarnera par la suite Will Turner dans Pirates des Caraïbes, Balian d’Ibelin dans Kindgom of Heaven de Ridley Scott…
Mais Peter Jackson s'est d'abord fait connaître grâce à ses films de vampires comme Bad Taste en 1988. Une production gore tournée pendant ses week-ends. Le marché du Festival de Cannes remarque déjà le Néo-Zélandais qui revient un an plus tard avec un Muppet Show version érotique. Mais ce qui projette sa carrière, c'est Braindead : un film d'horreur considéré par beaucoup comme le sommet du genre. Peter Jackson est vu comme un spécialiste du gore. Mais libre, il casse les codes et revient avec Créatures célestes, drame tiré d'un fait-divers. Le film révèle là aussi, un grand nom du cinéma : Kate Winslet. En 1996, Peter Jackson accuse une lourde déception. Universal Studios lui confie le tournage d'un nouveau King Kong : le projet avorte. C'est là qu'il s'embarque dans une réalisation épique qui le place aujourd'hui parmi les plus grands du cinéma.