NEWS BEAUTÉ
Publié le
31 octobre 2026
Avant d’être parfumeur, Manuel Mathieu est peintre, céramiste, dessinateur et installateur. Sa maison de parfums prolonge cette pratique. Il y explore l’humanité et la spiritualité avec un autre matériau : l’odeur. Après un premier chapitre, il dévoile aujourd’hui Oasis, un diptyque de deux eaux de parfum, O et âme sœur. La collection est présentée comme un voyage entre intimité, expérimentation et inconscient.

Les deux fragrances sont nées de la collaboration entre Manuel Mathieu et Juliette Karagueuzoglou, parfumeuse chez IFF, rencontrée à Paris. Elle a travaillé pour de grandes maisons comme Yves Saint Laurent, Salvatore Ferragamo et Giorgio Armani. Leur méthode est peu banale : chacun a dû se mettre à nu. Mathieu est allé chercher des souvenirs enfouis pour les formuler avec précision. Karagueuzoglou, elle, s’est laissée guider par les matières qu’elle choisissait d’attraper au laboratoire, dont certaines ont réveillé à leur tour des mémoires olfactives. Tous deux décrivent ce processus comme un "shopping" dans l’imaginaire de l’autre, impossible à mener seul.

Le texte de la maison décrit O comme une rose qui n’a pas fleuri dans un jardin. Elle porte l’odeur de minéraux chauffés par le soleil et d’une immobilité presque sacrée, façonnée par le vent et le temps. C’est un parfum sur l’endurance qui devient grâce. La pyramide soutient cette idée. En tête, un accord rose des sables, du poivre rose et des baies de genièvre. Au cœur, l’absolu de fleur d’oranger de Tunisie, l’absolu de jasmin d’Inde et du cashmeran. En fond, du bois de santal de Nouvelle-Calédonie, de la fève tonka et de la vanille.

Plus enveloppant, âme sœur est conçu comme la rencontre de deux âmes qui se connaissent déjà. Il évoque un retour vers sa source intérieure, une ode à la douceur et au silence partagé. Il s’ouvre sur l’huile de gingembre frais, l’écorce de cannelle et la bergamote. Le cœur associe l’absolu de fleur d’oranger de Tunisie, déjà présent dans O comme un fil rouge entre les deux flacons, au cashmeran et au santal. Le fond réunit le baume du Pérou, un extrait CO2 de gousse de vanille et un résinoïde de benjoin.

Le flacon reste l’un des éléments les plus singuliers de la maison. Mathieu l’a d’abord imaginé dans l’argile, comme une sculpture plutôt qu’un objet utilitaire, avec des formes organiques où l’on devine la trace des mains. Sa silhouette rappelle une montagne : Haïti, sa terre natale, signifie "terre des hautes montagnes" en langue taïno.