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Le Jardin des Tuileries, scène absolue du nouveau Dior

Publié le

3 mars 2026

Commandé par Catherine de Médicis au XVIe siècle et réaménagé sous le règne de Louis XIV, le Jardin des Tuileries n'a jamais été un simple écrin de verdure : c'est l'une des premières scènes de la vie sociale parisienne, un lieu où l'apparence relevait du protocole autant que du plaisir. Dès 1667, lorsque ses grilles s'ouvrent au public, un code vestimentaire strict y régit les corps et les rangs, faisant des Tuileries un espace fondateur où voir et être vu constitue un art en soi. Cette dramaturgie du regard, inscrite dans la pierre et les parterres géométriques, traverse les siècles sans jamais se dissoudre : une promenade y devient procession, une rencontre y prend les allures d'une performance, et chaque silhouette qui s'y déplace participe, qu'elle le sache ou non, à un théâtre ininterrompu. C'est dans cet esprit que Jonathan Anderson a choisi les Tuileries comme source d'inspiration et décor de son premier défilé Dior automne-hiver 2026-2027. Au cœur du jardin historique, il a fait ériger un parc factice — une mise en abyme vertigineuse qui trouble les frontières entre le réel et l'artificiel, entre la nature et l'illusion, entre celui qui regarde et celui qui s'expose. En superposant deux parcs, deux temporalités, deux régimes du visible, Anderson signe une entrée en matière aussi conceptuelle que sensible, et rappelle avec force ce que la mode partage de plus profond avec Paris : l'art du paraître élevé au rang de civilisation.

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