DESIGN

Un après-midi avec James Goldstein : "J’ai toujours voulu être différent des autres"

Publié le

1er septembre 2021

Mi-août, de passage à Paris pour les vacances, l’extravagant mais non moins réservé James Goldstein s’est prêté au jeu d’une interview introspective. L’homme d’affaires américain, habitué des sièges du front row de la fashion week ou des matchs de basket de la NBA, a pris le temps de revenir sur des anecdotes marquantes et d’aborder sa passion pour le design, la mode et sa fameuse résidence californienne.

James Goldstein à l'hôtel Costes

C’est à l’hôtel Costes (Paris 1er), en milieu d’après-midi, que le rendez-vous est fixé avec James Goldstein pour une interview annoncée comme "fun". Assis sur un canapé en velours pourpre dans le salon du palace, l’homme au chapeau vient de faire son test PCR pour son retour à Los Angeles prévu le lendemain. L’œil pétillant et le sourire malin dans son total look Balmain, le noctambule habitué des soirées fastueuses de la fashion week et du folklore des matchs de la NBA se prête volontiers au jeu des questions/réponses. Celui qui a d’ores et déjà fait don de son extraordinaire maison : "Sheats Goldstein Residence", située sur les hauteurs de Beverly Hills, au Los Angeles County Museum of Art (LACMA), aborde avec simplicité son amour pour le design, la mode et le basketball. Rencontre.

Pourquoi êtes-vous à Paris ?

Parce que Paris est ma ville préférée au monde et je ne suis jamais venu en Europe sans faire un saut sur Paris. Je viens aussi sur Paris pour faire du shopping… ! J’aime la beauté à Paris.

Vous parlez de celle des parisiennes ou de la ville ?!

[Rires] Non je parle bien de la ville !

Demain, vous repartez à Los Angeles ?

Oui, ce n’est pas la saison du basketball mais je rentre pour un mois. Et je vais revenir en septembre ici pour la fashion week. En attendant, j’ai besoin de passer un peu de temps chez moi.


James Goldstein à l'hôtel Costes

C’est votre première fois dans cet hôtel ?

Oui parce que je ne suis pas revenu en France depuis un an à cause du covid alors que normalement j’y viens quatre fois par an. Cet hôtel a ouvert quand je n’étais pas autorisé à venir. Normalement je vais souvent dans un autre hôtel, qui est comme ma maison, mais fermé. Du coup, j’ai la chance de découvrir cet hôtel que j’aime beaucoup.

"Ma vie a tourné autour de ma maison puisque je travaille sur son amélioration depuis plus de quarante ans et ce n’est pas terminé…"

L’architecture de votre demeure "Sheats Goldstein Residence"  à Los Angeles est incroyable. Pouvez-vous me parler de votre rencontre avec son mythique architecte John Lautner ?

Nous avons travaillé ensemble pendant 15 ans pour améliorer cette maison et aboutir au niveau où elle est aujourd’hui. Durant ces quinze années, j’ai beaucoup appris. Il est décédé en 1994 et j’ai continué d’avancer sur le projet qu’il avait conçu sur les plans. Mais j’étais aussi derrière ce qu’il réalisait. Je faisais aussi preuve de beaucoup de créativité et nous avons vraiment collaboré ensemble pour les projets prévus avec lui.

D’ailleurs, parmi les récents aménagements de votre résidence, il y a votre club baptisé le "Club James" …

Oui il n’a pas été designé par John mais par moi. Nous avons essayé de le réaliser de la façon dont il l’aurait imaginé et conçu s’il était encore en vie.

Le Club James dans la Sheats Goldstein Residence

Votre maison est votre véritable amour ?

Ma vie a tourné autour de cette maison puisque je travaille sur son amélioration depuis plus de quarante ans et ce n’est pas terminé…

"J’ai toujours voulu être différent des autres."

Justement, quels sont vos projets ?

Il y a deux projets de plus ! Le premier qui sera intégré à la structure du "Club James" et le second projet est le "Guest House" qui va être un building indépendant très inspiré de l’installation "Skyspace" de l’artiste James Turrell.

Vue sur la ville de Los Angeles de la chambre de James Goldstein

Aujourd’hui, quel est votre designer préféré ?

Je dirais Santiago Calatrava car il emmène le design moderne vers du très haut niveau par rapport à ce qui était fait auparavant. J’ai vu certains de ses projets en personne et je pense qu’il est vraiment unique.

"J’étais habillé en Balmain avant même que le label ne lance des collections masculines. Aujourd’hui 90% de mes vêtements viennent de Balmain."

Vous êtes souvent en total look Balmain. Parlez-moi de votre passion pour la mode…

Déjà tout jeune garçon, j’étais intéressé par la mode. J’ai grandi dans la ville de Milwaukee, aux États-Unis, et je ne connaissais pas vraiment l’univers de la mode. J’ai toujours voulu être unique et différent des autres. J’ai toujours apprécié la mode féminine. Quand j’ai déménagé en Californie, j’avais une longueur d’avance sur le choix des vêtements et la façon de s’habiller. Le vrai bond en avant pour moi, c’est quand j’ai visité Paris pour la première fois, vers 20 ans, en voyant à quel point les gens avait ce sens de la mode. J’étais très intéressé et au fur et à mesure des années, j’ai acheté des pièces des meilleurs couturiers français.

James Goldstein en Balmain de la tête aux pieds

Qui par exemple ?

La première fois que je suis venu à Paris, j’ai acheté des vêtements de Pierre Cardin. Ensuite, un autre designer important pour moi était Jean-Paul Gaultier, mais aussi le designer italien Roberto Cavalli, John Galliano, Hedi Slimane et bien sûr Pierre Balmain. Avant l’arrivée d’Olivier Rousteing, Balmain ne faisait que des pièces pour les femmes mais j’ai étudié ces vêtements et j’ai vu qu’ils pouvaient être adaptés pour les hommes. J’étais habillé en Balmain avant même que le label ne lance des collections masculines. Aujourd’hui 90% de mes vêtements viennent de Balmain.

"Faire quelque chose de stimulant et d’intéressant me donne de l’énergie. Quand je suis dans ma maison à L.A, je n’ai pas grand-chose qui me stimule à part le basketball alors je me sens plus fatigué !"

Vous êtes un visage phare de la NBA. Quelle est votre équipe de basket favorite ?

Bien, je suis toutes les équipes de la NBA et je suis fan de beaucoup d’équipes. Mes équipes favorites dépendent du style de jeu et de là où jouent mes amis ! Ça change année après année mais mes deux équipes favorites sont : Los Angeles Clippers et Milwaukee Bucks. Il y a de très bons joueurs qui viennent de France comme Tony Parker et Boris Diaw. J’ai toujours eu une connexion avec les européens, encore plus qu’avec les américains pour différentes raisons. Les européens m’apprécient et c’est réciproque.

La bibliothèque de James Goldstein

Vous n’êtes jamais fatigué, vous êtes toujours en soirée…

Les gens me demandent toujours d’où vient cette énergie ! Faire quelque chose de stimulant et d’intéressant me donne de l’énergie. Quand je suis dans ma maison à L.A, je n’ai pas grand-chose qui me stimule à part le basketball alors je me sens plus fatigué ! [Rires]

"Je vois Instagram comme une sorte d’agenda. Jour après jour, je montre où je vais et avec qui je suis !"

J’aimerais vous parler de cette très belle photo de l’actrice américaine Jayne Mansfield et vous prise un soir alors que vous dansiez… C’est vrai qu’elle vous avait dragué ?

[Rires] L’histoire, c’est que nous étions dans un nightclub à Los Angeles qui s’appelait le "Whisky A Go Go". Je me suis rendu dans cette boîte plusieurs fois alors que j’étais très réservé et du coup j’étais vraiment excité à l’idée d’y aller. Beaucoup de célébrités devaient être présentes et une nuit Jayne Mansfield était là. C’était mon actrice favorite quand j’étais adolescent. J’étais vraiment très timide à cette époque, j’avais 24 ans, et nous avons dansé tous les deux, côte à côte, je n’arrivais pas à lui dire un mot, puis elle m’a pris la main et m’a dit : "Viens avec moi". La seule chose que je sais, c’est qu’elle m’a emmené dans une voiture avec quatre autres hommes et qu’elle m’a fait un French Kiss !

Jayne Mansfield et James Goldstein dansant à West Hollywood dans les années 1960

Vous aimez être bien entouré. Sur votre Instagram, vous postez beaucoup de photos avec de très belles femmes…

J’aime poster de jolies photos avec de jolies femmes. Je vois Instagram comme une sorte d’agenda. Jour après jour, je montre où je vais et avec qui je suis !

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