INTERVIEW
Publié le
1er octobre 2026
Révélée sur scène en première partie d'Odezenne, Moussa ou Sopico, Gaëlle Joly sort Maison Témoin, un premier EP qui rassemble ses titres phares et quelques inédits, entre pop francophone, influences rap et textures électroniques. Pour S-quive, l'artiste revient sur la fabrication de ce disque, une écriture qui fait de la musique un refuge, une tournée marquée par trois dates au Bataclan, et sa collaboration avec Odezenne. Elle évoque aussi son goût pour le design et la mode, qui nourrit son univers visuel et l'a conduite à une session chez Paulin Paulin Paulin. Elle sera aussi en première partie de Christophe Maé début octobre : au Zénith de Pau le 2, au Zénith de Toulouse le 3 et à l'Arkéa Arena de Bordeaux le 4.

"Maison Témoin", pourquoi ce titre pour votre premier EP ? Qu’est-ce qu’il raconte de vous et de cette période de votre vie ?
"Maison Témoin", c’est un espace qui réunit les chansons que j’ai sorties depuis le début de mon projet, celles que j’ai défendues sur scène, mais aussi quelques inédites. La maison témoin est à la croisée de trois idées. Celle d’un premier projet, d’un début avec la notion « d’échantillon témoin ». Il y a aussi l’idée d’un lieu dans lequel on projette son imagination pour en faire son foyer. Et enfin, l’idée que cette Maison c’est la mienne et que les témoins ce sont les auditeurs. Je trouve ce mot "témoin" très fort car c’est souvent ce qui permet de prouver que quelque chose existe. Et pour un artiste je trouve donc que l’auditeur a ce rôle central aussi.
Votre écriture parle beaucoup de liens affectifs, de tensions intérieures, de moments de bascule où vient ce besoin de creuser ces zones-là plutôt que d’autres ?
J’ai toujours utilisé la musique comme moyen d’extérioriser, comme remède ou un refuge pour exprimer des choses que je n’arrivais pas à exprimer ou qui me pesaient. Donc souvent, ce sont ces sujets qui m’inspirent le plus.
Musicalement, on vous situe entre pop francophone, influences et rap, textures électroniques... Comment ces éléments se sont-ils assemblés dans votre univers ? Y a-t-il eu un déclic ?
Je pense que c’est le résultat des nombreuses influences que j’ai. J’écoute de tout et je me nourris de tout, et le résultat c’est la musique que je fais.
Le clip du titre en featuring avec Odezenne arrive bientôt. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette collaboration ? Comment est-elle née ?
Odezenne est un groupe qui m’est cher puisque c’est le premier concert que j’ai été voir quand j’étais plus jeune. Quelques années plus tard, j’ai eu l’opportunité de les accompagner en étant leur première partie sur toute leur tournée. Nous avons donc partagé de forts moments de vie ensemble et c’était une expérience folle. Ce feat s’est donc présenté comme une évidence et s’est fait assez naturellement. Je tenais vraiment à le faire apparaître dans ce projet qui parle des deux ans que j’ai passés depuis son lancement et dans lesquels ils ont fait partie intégrante.
"J’essaye de projeter des images dans mes textes, des textures dans la voix, des formes dans les prods."
Vous avez remporté le Grand Prix Odezenne en 2025 et enchaîné une vingtaine de dates, dont trois au Bataclan. Qu’est-ce que cette tournée vous a appris sur vous-même en tant qu’interprète scénique ?
Ça m’a appris énormément de choses, à commencer par ma capacité d’adaptation. J’ai eu 20 dates et 20 publics différents. Un public à cerner et à convaincre à chaque fois. Ça m’a aussi appris à appréhender mes chansons un peu plus chaque date : c’est-à-dire à les ressentir et les faire sonner sans que ça ne me dépasse.

Vous avez fait vos débuts au Trianon, invitée par Dali, avant d’accompagner Odezenne, Moussa, Sopico et Jay-Jay Johanson. Quel souvenir de première partie vous a le plus marquée, et pourquoi ?
Chacune des premières parties que j’ai faites m’a marquée à sa manière. C’était à chaque fois des expériences nouvelles pour une raison ou une autre mais si je devais en citer une je dirais que mes premières dates et ma toute première apparition au Trianon m’ont énormément marquée.
Au-delà de la musique, vous revendiquez un vrai goût pour le design et la mode dans votre univers visuel. Vous avez d’ailleurs fait une session chez Paulin Paulin Paulin. Comment cette dimension esthétique dialogue-t-elle avec vos chansons ?
J’ai toujours eu un attrait pour ces médiums-là. Je trouve que ce sont autant de moyens d’expression qui permettent à nos vies d’être embellies. Et je les trouve très complémentaires avec ma musique. J’essaye de projeter des images dans mes textes, des textures dans la voix, des formes dans les prods donc je trouve tout cela très lié.
Le 18 septembre dernier marque la sortie de l’EP, et le 22, la scène du Point Éphémère pour le fêter. Comment s’est passé ce concert ?
Ce concert, c’est une grande célébration, c’est aussi une toute première rencontre entre mon public et moi. Pour l’occasion, j’ai voulu réunir : réunir un live band d’exception, des guests, une première partie, mes amis artistes, et en général un grand nombre de personnes qui ont fait partie de mon parcours jusqu’ici. Au final l’énergie était folle. La salle remplie ! Il faisait chaud et nous étions tous tellement heureux et très touchés par ce moment.
"Je pense que ce qu’il faut esquiver le plus dans la musique, ce sont les situations où les gens qui vous font sentir mal à l’aise."
Vous êtes décrite comme une artiste "accessible et spontanée". Comment vivez-vous ce moment où votre univers commence à trouver son public, notamment sur les réseaux ?
Je le vis avec beaucoup de joie et d’intérêt. La communauté sur les réseaux, c’est aujourd’hui incontournable et je suis enchantée de commencer à agrandir la mienne. C’est super motivant d’avoir l’impression d’être perçue pour ce que l’on fait.

Après cet EP, où avez-vous envie d’emmener votre projet ? Un format plus long, de nouvelles collaborations, une direction artistique différente ?
J’aimerais, bien sûr, dans le futur présenter un format plus long et ouvrir d’autres horizons avec des collaborations, mais pour le moment mon attention est surtout portée sur le fait de défendre ce projet dans lequel j’ai mis énormément de cœur. Pour ça je prépare des visuels, des clips, et plein d’autres surprises…
Que faut-il esquiver dans la musique selon vous ?
Je pense que ce qu’il faut esquiver le plus dans la musique (mais même ailleurs), ce sont les situations où les gens qui vous font sentir mal à l’aise. On est obligé de rien. Dans la musique on est très conditionné à saisir la moindre opportunité et à dire : "Oui". Ce qui peut entraîner à des situations inconfortables. Il faut oser poser ses limites.