FASHION WEEK
Publié le
5 mars 2026
Pour sa cinquième saison à la tête de Courrèges, Nicolas Di Felice signe une collection qui prend la forme d'un plan séquence — celui d'une journée parisienne, du réveil au coucher. Telle une parisienne filmée dans ses déambulations quotidiennes, la femme Courrèges traverse les heures dans une rue familière et pourtant irréelle, imaginée avec le scénographe Remy Brière, portée par une mélodie co-composée avec Erwan Sene et les sons captés dans Paris. Le vestiaire évolue au rythme du temps qui passe. Le matin s'éveille dans la blancheur du satin et les mailles hybridées, avant de laisser place aux manteaux de jour aux coupes trapèzes, aux ensembles vinyle et aux zips injectés, autant de codes puisés dans les archives de la maison des années 1960 à 1980. La journée avance, active et libérée : les silhouettes se parent de broderies de tickets de métro en organza et de denim en tissage caviar à l'effet goudron, convoquant l'esprit des films de Chantal Akerman. Le soir venu, les lumières tamisées et les néons fragmentés se reflètent sur des broderies de tickets de vestiaire enduits et des perles de verre, jusqu'à la nuit tardive où la femme Courrèges retrouve son lit, drapée d'une robe tubulaire noire à la structure géométrique. Cette saison voit également naître un nouveau sac, le "Shadow" — confectionné en Italie, minimal dans sa forme, souple dans ses matières (jersey, faux cuir, tissage caviar) — ainsi qu'un final saisissant où l'intégralité de la collection renaît en blanc, ultime hommage au minimalisme lumineux qui est l'âme de Courrèges.

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