INTERVIEW
Publié le
29 septembre 2026
Nommée aux NRJ Music Awards dans la catégorie Révélation, Ambre poursuit sa route après la Star Academy avec un premier album très attendu, et un nouveau clip, "J'laisse parler". Réponse combative à "J'me demande", ce titre, où elle prend la lumière malgré les doutes, donne le ton : chez elle, la peur n'empêche pas d'avancer. Entre syndrome de l'imposteur, pression des attentes et envie de brouiller les pistes stylistiques, de l'esthétique sombre d'Ann Demeulemeester à son goût assumé pour la pop lumineuse, la jeune artiste se livre avec sincérité. Celle qui se définit avant tout comme "une artiste de scène", et qui dévoilera son premier album autobiographique baptisé Victoria — en référence à son deuxième prénom —, le 4 décembre prochain, prépare déjà sa tournée, qui débutera en février et la conduira à la Salle Pleyel en mars 2027. Rencontre avec une révélation qui a choisi de laisser parler les doutes, mais pas de s'y arrêter, sous l'impulsion idéalisée mais flamboyante du tempérament serein de ladite Victoria.

Ambre, si vous deviez vous présenter en quelques mots…
Quelques mots… Je dirais détermination, résilience, passion… et discipline.
Vous avez annoncé, il y a peu sur Instagram, votre nomination aux NRJ Music Awards dans la catégorie Révélation. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
C'est merveilleux, c'est une vraie chance. Je suis infiniment reconnaissante, surtout en ce début de carrière. Être nommée aux NRJ Music Awards en tant que révélation féminine, c'est une chance immense. J'ai surtout envie de remercier le public de me suivre depuis le 18 octobre dernier, de ne pas avoir lâché, d'avoir été patient et de l'être encore, parce que l'album arrive. De belles choses vont arriver, alors je veux les remercier pour tout : sans public, il n'y a pas d'artiste. On existe grâce au public.
"Dans ‘J’laisse parler’, j'y vais à fond, je parle de cette combativité. J'avance, je n'écoute pas tous ces doutes, toutes ces peurs, malgré le brouillard et l'incertain."
Dans votre nouveau titre "J’laisse parler", qui sont ces voix qui tentent en vain de vous faner ?
Dans le processus créatif, "J’laisse parler" a été composé avant "J’me demande". Et on s'est rendu compte que les deux chansons se répondaient complètement, un peu comme des questions-réponses. C'est pour ça qu'on a décidé de sortir "J’laisse parler" en second. Cette chanson, c'est cette autre partie de moi qu'on aperçoit un peu dans "J’me demande", mais de façon plus timide, quand je dis : "Je doute, mais j'y crois, je ne pars pas". Dans "J’me demande", je parle de mes doutes, mais aussi de cette résilience. Dans "J’laisse parler", j'y vais à fond, je parle de cette combativité. J'avance, je n'écoute pas tous ces doutes, toutes ces peurs, malgré le brouillard et l'incertain.
Comment réussissez-vous à les outrepasser, à travers les virages dont vous parlez ?
Je pense qu'il n'y a pas de règle. Quand je parle des virages, des visages, je parle surtout de tout le speed que j'ai vécu depuis la Star Academy, et même pendant. Tout va tellement vite, on a peu de temps pour soi. Ça fait partie du taf, je ne reviens pas là-dessus, mais c'est un monde où tout va extrêmement vite. À la fin de la journée, on se retrouve avec soi-même et on a peur : comment je vais rebondir demain ? Est-ce que tout va bien se passer ? Est-ce que tout va rentrer dans l'ordre ? Et ce qu'on peut faire, c'est laisser parler tous ces doutes et avancer quoi qu'il arrive. Rien ne nous empêche d'avancer, même en ayant peur. La peur ne pétrifie pas : elle fait peur, mais on peut avancer quand même.
Dans le clip, vous prenez la lumière et vous avez une sublime assurance. C’est aussi une réponse à ces voix ?
Oui, c'est bien ça. Ça contrebalance ce que je dis avec les mots. J'hésitais entre cette attitude et me recroqueviller dans un coin pendant les trois minutes du clip ! [Rires] Plus sérieusement, je pense que le corps est aussi l'extension des mots, c'est tout le principe du langage corporel. Même si, dans ma tête, j'ai peur, dans l'action, dans le réel, dans le physique, on avance.
"Je me considère vraiment comme une artiste de scène : j'adore y être, partager avec le public, me mettre dans différents moods."
Les paroles font écho à celles du titre "J’me demande", rempli de questions : être ou non sa propre "meilleure version", l’idée de se bousculer et des bousculer les attentes, et surtout ce syndrome de l’imposteur… Qu’est-ce qui pourrait vous permettre de le tenir vraiment à l’écart ? Par des choses à vous prouver ?
Je ne pense pas qu'il y ait forcément quelque chose à se prouver. La seule chose qu'on puisse se prouver, c'est que, malgré les difficultés, la peur, les doutes, la paralysie que ça peut provoquer, on va se relever le lendemain. C'est un peu ce que j'aborde entre les lignes dans "J’laisse parler" : "Tu as peur ? OK, ça arrive à tout le monde. Mais tu vas faire quoi ? Tes objectifs n'ont pas changé, tes tâches et tes exercices sont toujours là. Comment vas-tu traverser cette période ? Parce que tu as peur, tu t'arrêtes ?" Non. On avance.
Vous parlez aussi d'attentes, peut-être celles du public… Arrivez-vous à vous en délester ?
C'est assez particulier, surtout dans le contexte de la Star Academy : les gens projettent beaucoup sur ce qu'on va sortir plus tard. Je n'en veux à personne, c'est le chemin, c'est la vie. Mais c'est vrai qu'artistiquement, on m'a beaucoup mise en avant sur certains genres, et c'est pour ça que "J’me demande" a pu surprendre certaines personnes. Mais on a tout un album à découvrir, alors ne soyons pas pressés ! Et puis, j'attends déjà tellement de moi-même que si je devais, en plus, me préoccuper de ce que les gens attendent de moi, je stagnerais, je n'avancerais jamais. J'ai déjà beaucoup à faire avec moi-même et avec les ambitions que je m'inflige presque. Donc, je ne m'occupe pas forcément de ce qui se passe autour.

Vous serez à la salle Pleyel en mars 2027… ! Que nous réservez-vous ?
Oui, en mars prochain, je serai à la salle Pleyel dans le cadre de ma tournée qui commence en février. J'ai tellement hâte de travailler sur les versions live de mon album, parce que ce sera une redécouverte. L'album va être très riche, et les arrangements live, c'est tout autre chose. Je me considère vraiment comme une artiste de scène : j'adore être sur scène, partager avec le public, me mettre dans différents mood. Selon la chanson, on peut complètement changer. Il y a plein de choses à faire, je suis hyper excitée. J'ai hâte de voir comment on va retravailler tout ça, la mise en scène, le travail avec l'orchestre, avec le band… Et surtout, j'ai hâte de rencontrer mon public et de lui faire redécouvrir l'album. Il va le découvrir à sa sortie, mais en live, ce sera encore autre chose.
Y aura-t-il des featurings sur l'album ?
Non, je le dis pour ne pas faire de mauvaise surprise : il n'y a pas de featuring. Et pourtant, j'aurais pu. Mais je voulais vraiment que cette première prise de parole, cette première naissance artistique, ce soit moi, seule. Comme quand on sort du ventre de sa maman, on est seul… Sauf si on a un jumeau ! [Rires] Après, je ne suis pas du tout fermée. Mélanger un autre univers artistique avec le mien peut apporter beaucoup de fraîcheur. C'est aussi ça, le but de la musique : partager et voir ce qu'on peut créer avec d'autres artistes.
"J'ai toujours voulu collaborer avec un rappeur ou une rappeuse."
Y a-t-il des artistes avec qui vous rêveriez de collaborer ?
Je ne me suis jamais vraiment posée pour y réfléchir, mais j'ai toujours voulu collaborer avec un rappeur ou une rappeuse. J'ai toujours voulu mélanger ma pop, ma musique très vocale, et c'est ce qu'on retrouvera dans l'album, avec un break de rap, pour voir ce que ça peut donner. Je suis sûre que ça pourrait être génial. J'ai hâte de voir ce qu'on pourra faire, si ça se fait.
Côté style, votre stylisme est à la fois sombre et graphique. Quelles sont vos inspirations mode ?
J'aime beaucoup, attention, je ne sais pas le prononcer, Ann Demeulemeester, et Rick Owens. C'est très sombre. Mais j'aime aussi beaucoup tout ce qui est plus coloré, plus brillant, même si je le mets rarement en avant. Je suis dans une phase Zara Larsson, alors ne commencez pas ! [Rires] C'est l'opposé de moi, mais elle m'inspire beaucoup en ce moment, je suis fan. Laissez-moi vivre !
Ce n'est pas vraiment l’univers du clip !
C'est un premier clip, j'espère qu'il y en aura d'autres. C'est une facette de moi parmi tant d'autres, que je vais moi-même découvrir. Quand on est artiste, la musique reflète notre état d'esprit et la période de vie qu'on traverse. Quand j'ai écrit "J’laisse parler" et "J’me demande", j'étais dans une période post-Star Academy qui n'a pas été simple mentalement, et ça s'est retranscrit musicalement. D'ailleurs, en terminant l'album, je suis partie sur des chansons beaucoup plus upbeat, plus lumineuses, parce qu'on commençait à entrevoir le bout du tunnel. Notre état mental se reflète aussi dans nos vêtements, notre univers visuel, notre façon de penser. Tout va ensemble. À ce moment-là, c'était très dark, et le clip l'est aussi, mais ça se prête à la musique. Pour la suite, je ne me limite pas.
"Esquivez le mauvais entourage, les gens qui ne vous apportent que du négatif, qui ne vous aident pas, qui ne vous tirent pas vers le haut."
La Star Academy reprend bientôt. S’il y avait une chose que cette école vous a appris ?
Je n'ai pas le mot exact, alors je vais faire une périphrase. Ça m'a vraiment appris à prendre du recul. Il y a eu des périodes très dures, ce n'est pas grave de le dire. On était tout le temps sur la sellette, on ne savait jamais ce qui pouvait se passer. Je suis arrivée avec l'objectif de gagner, mais personne ne me le garantissait. J'aurais pu partir avant la demi-finale, je n'en savais rien. On doutait tous, et c'est normal, heureusement qu'on doutait. Parfois le stress nous envahissait, surtout avec la fatigue. Donc, ça m'a appris à garder la tête froide, à me concentrer sur ce qu'on peut contrôler et à garder en tête l'objectif final.

Que faut-il esquiver dans la musique selon vous ?
C'est un milieu assez spécial, mais comme dans tous les domaines, que ce soit le cinéma ou n'importe quel travail, il faut esquiver les gens bizarres. Entourez-vous bien. Esquivez le mauvais entourage, les gens qui ne vous apportent que du négatif, qui ne vous aident pas, qui ne vous tirent pas vers le haut. J'ai la chance de faire attention à ça, mais certaines personnes voient plus flou quand il s'agit de leur entourage. Alors ouvrez grand les yeux, et esquivez ce qui vous fait vous sentir mal, pas aligné(e)s avec vous-mêmes, ce qui vous empêche de dormir le soir. Entourez-vous bien.
Que peut-on vous souhaiter ?
De gagner mon trophée aux Awards ! [Rires] Non, plus sérieusement : que ce premier album marche. C'est un saut dans le vide, après celui de la Star Academy. On verra, c'est le mystère, l'incertain. J'avance avec ma lanterne, je ne sais pas ce que les gens vont en penser. Alors souhaitez-moi l'alignement des étoiles, pour que ça marche bien.
"Victoria", Ambre, le 4 décembre prochain.