FASHION WEEK

Saint Laurent : l'art de ne jamais éteindre le feu

Publié le

4 mars 2026

Dix ans. Dix saisons à la tête de l'une des maisons les plus chargées de mythe de toute la mode française. Pour marquer cet anniversaire, Anthony Vaccarello n'a pas convoqué le grand spectacle ni organisé la rétrospective émue. Il a fait quelque chose de plus difficile et de plus juste : il a travaillé. Lundi soir, au Trocadéro, dans un espace moderniste aux parois transparentes d'où la tour Eiffel scintillait comme un souvenir de cinéma, le créateur belge de 44 ans a présenté sa collection automne-hiver 2026-2027 avec la rigueur tranquille de quelqu'un qui sait exactement ce qu'il fait — et pourquoi. Sur une moquette rose poudré tendue comme un podium de nuit, face à un buste romain tiré de l'appartement mythique de la rue de Babylone, il a déroulé une collection en quatre actes : tailleurs androgynes portés à même la peau, dentelles architecturales gainées de silicone, manteaux en shearling aussi protecteurs qu'une armure, et enfin Le Smoking, réincarné une fois encore avec cette désinvolture fatale qui est la vraie signature de la maison. Une collection qui ne cherche pas à surprendre pour surprendre, mais à affiner — obsessionnellement, saison après saison — un langage stylistique que Vaccarello est aujourd'hui le seul à parler avec cette précision. Sous sa main, les icônes de Saint Laurent ne vieillissent pas, elles se chargent. De tension, de désir, d'une modernité qui n'a pas besoin de se justifier. Dix ans après ses débuts remarqués, le créateur n'a pas seulement survécu à la comparaison avec le fondateur : il a construit quelque chose qui lui appartient en propre, dans la fidélité absolue à l'esprit d'une maison qu'il incarne désormais comme personne.

No items found.
No items found.
No items found.

Plus d'articles