MUSIQUE

Rencontre avec le beatmaker DSK on the Beat : "Avec MHD, on va sortir LE son de l’album"

Publié le

16 juillet 2021

A l’occasion de la sortie, aujourd’hui, du 3ème album MANSA du rappeur MHD, S-quive a rencontré son beatmaker DSK on the Beat. A bientôt 29 ans, le compositeur lui a signé les succès "Afro Trap Part. 5 Ngatie Abedi", "Encore" et "Bodyguard", entre autres, et a déjà collaboré avec une pléiade d’artistes de la scène rap comme Damso ou Lefa. Pour le grand retour du prince de l’Afrotrap, il nous promet le tube de l’album intitulé "Sagacité".

DSK on the Beat porte une chemise Cerruti @Joseph Degbadjo, Styliste : Céline Bourreau

C’est dans un café, à quelques pas du Trocadéro, que le producteur et beatmaker d’origine ivoirienne DSK on the Beat se confie sur son parcours et ses projets à venir. Après avoir étudié quelques mois à la British Academy of New Music à Londres en 2012, le compositeur quasi autodidacte décrit la musique de façon scientifique et physique en déconstruisant précisément les sonorités. Lui, qui se projette architecte dans quelques années établit déjà un pont entre ces deux domaines en comparant la musique, riche de vibrations, à une architecture muette.

Vous vous définissez comme un compositeur mais aussi un beatmaker. Quelle est la différence ?

Un beatmaker, c’est quelqu’un qui ne sait pas composer. Au contraire, un compositeur est un musicien. Il lit la musique et va au-delà de la composition. Il approfondit ce qui tourne autour de la composition dans tous les sens du terme. Moi, je sais faire les deux. J’écris et je joue du piano.

Quelles sont les qualités d’un bon beatmaker ?

Il faut avoir l’oreille musicale et être à l’affût de toutes les nouvelles sonorités.

 

"Ma rencontre avec MHD s’est faite sur Snapchat. Je l’ai rajouté sur ce réseau et on a commencé à discuter. Je lui ai envoyé des sons et ça a tout de suite collé."

 

Vous êtes allé vers l’AFROTRAP en 2015, comment définir ce registre ?

L’AFROTRAP, c’est de la musique afro avec des instrumentaux afro et sur lesquels rappent les artistes. Ce n’est pas le registre de Magic System par exemple où il s’agit de musique afro avec de la chanson afro. Ici, c’est de la musique afro avec du rap. C’est aussi simple que ça !

DSK on the Beat porte un manteau Cerruti @Joseph Degbadjo, Styliste : Céline Bourreau

Quelles sont vos inspirations ?

C’est de l’afrobeat, du Magic System, du coupé-décalé — genre musical très populaire dans les années 2000 et 2010 en Côte d’Ivoire —c’est un mélange de tout. Beaucoup d’artistes m’inspirent aussi comme DJ Arafat, Fela Kuti, Davido, Ismaël Isaac…

Comment s’est passée votre rencontre artistique avec MHD ?

Ma rencontre avec MHD s’est faite sur Snapchat. Je l’ai rajouté sur ce réseau et on a commencé à discuter. Je lui ai envoyé des sons et ça a tout de suite collé. Je l’avais repéré à partir d’ "Afro Trap Part.2" et on est parti de là.

Votre premier succès à deux s’est fait sur le titre "Afro Trap Part. 5 Ngatie Abedi" (2016)… On est aujourd’hui à plus de 76 millions de vues sur Youtube… Depuis il y a eu "Afro Trap, Part. 10", "Bodyguard","Encore", "Le temps"… Vous pensiez que ces titres allaient prendre une si grande ampleur ?

On ne s’y attendait pas à ce moment-là. On était dans l’euphorie, certes, mais on ne savait pas que ce serait si monstrueux. Tout le monde a partagé et adhéré au concept et c’est allé super vite.

 

"Une fois de plus, notre collaboration s’est faite très naturellement et on va sortir LE son de l’album !"

 

MHD vous cite à de nombreuses reprises dans ses interviews et parlent de votre "connexion" artistique. C’est-à-dire ?

On fait Un. Il y a une synergie inexplicable entre nous. Quand je fais un son et qu’il rappe, ça colle direct et ça crée un hit ou un tube.

D’ailleurs, peut-on avoir des informations sur votre collaboration sur son nouvel album MANSA ?

Il y aura du bon son ! [Rires] Une fois de plus, notre collaboration s’est faite très naturellement et on va sortir LE son de l’album !

DSK on the Beat porte une chemise Cerruti et un chapeau Maison Michel @Joseph Degbadjo, Styliste : Céline Bourreau

Vous avez travaillé avec d’autres grands noms du rap comme Booba, Damso, avec qui vous avez fait "Kin La Belle" et "Dieu ne ment jamais" (2017), entre autres. Plus récemment, vous avez travaillé avec le rappeur Lefa sur "Grinta" et "Fin des Temps". C’est vous qui êtes allé vers ces artistes pour ces collaborations ?

Avec Booba, on a déjà collaboré mais on n’a pas sorti de son ensemble, je me suis même déjà déplacé à Miami. J’ai travaillé avec Damso, Lefa... En général, ce sont plutôt les artistes qui viennent vers moi pour collaborer. C’est du bouche à oreille et c’est une industrie où tout le monde se connait.

Qu’est-ce qui retient votre attention chez un artiste avant d’envisager de travailler ensemble ?

A la base, sa musique et son univers. J’ai besoin de sentir une sensibilité dans la musique et une émotion de l’artiste.

 

“Faire une compile avec la nouvelle génération du rap français, j’y pense déjà et j’ai quelques noms en tête…" 

Sur Instagram, vous utilisez régulièrement le #DOIT. Qu’est-ce qu’il signifie pour vous ?

Oui, c’est un engagement pour moi. C’est "FAIS-LE et tais-toi ! Travaille !". C’est plus une sorte d’acharnement dans le travail et un leitmotiv. C’est la propagande !

DSK on the Beat porte un manteau Ungaro @Joseph Degbadjo, Styliste : Céline Bourreau

Vous pouvez nous parler de votre projet "Amapiano" ? Il y a une véritable empreinte artistique également pour la couverture….

Ce sont des sonorités qui viennent d’Afrique du Sud. J’y étais en 2019 et ça m’avait vraiment bouleversé. J’ai décidé d’en faire un petit concept et de sortir chaque semaine un petit son. Je vais en sortir d’autres et faire des clips. Tout est une question de concept. Il faut en créer pour que les gens te suivent.

On peut en savoir plus sur vos projets en cours ?

Pour l’instant, je suis concentré sur les "Amapiano".

Avec quel(s) artiste(s) rêveriez-vous de produire un titre ?

Oui bien sûr Drake, Kanye West, Adele… J’aime aussi beaucoup la variété pop. J’arrive à me diversifier.

Faire un album avec toute la nouvelle génération du rap français, vous y pensez ?

Bien sûr, une compile serait envisageable. J’y pense déjà et j’ai quelques noms en tête…

DSK on the Beat porte un manteau Ungaro @Joseph Degbadjo, Styliste : Céline Bourreau

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