ARTS

“Le singe et l’argile” : Sommes-nous encore au sommet de la chaîne ?

Publié le

11 mai 2026

Du 30 mai 2026 au 3 janvier 2027, la Fondation Martell présentera “Le singe et l'argile”. Exclusive, l’exposition présentera 9 artistes contemporains internationaux dont les œuvres défient les représentations humaines de la nature.

The Book of Flowers, Agnieszka Polska ©DR

À chaque œuvre, cette question : comment l'homme peut-il “mieux” vivre parmi les espèces ?  Logée dans la tour Gâtebourse, au cœur de Cognac, l'exposition néo-Aquitaine “Le singe et l'argile” renverse notre vision hiérarchique de l'écosystème. Loin des théories darwiniennes et classifications anthropocentriques, les artistes dépeignent un portrait de l'homme bien différent. De conquérant de la nature, il en devient son collaborateur principal. Animal, végétal, minéral et atmosphérique s’enchevêtrent : “Le singe et l’argile” explore la notion d'interdépendance entre espèces. Une pensée écologique où l'humain n'est plus cette figure centrale “omnipotente” du règne animal. La manifestation artistique défie l'idée d'exception et de domination de l'homme sur les espèces.

Lin May Saeed ©DR

Une exposition en 3 temps

Les pièces exposées résultent de techniques artisanales : porcelaine, tapisserie, papier, impression 3D… Sous le commissariat d’Émilie Villez, l'exposition se déroule en trois temps :  “création et prise de conscience”, “récits alternatifs” et “fictions spéculatives”. Le but ? Réparer ce lien perdu et imaginer une collaboration vertueuse entre l'humain et le non-humain. Parmi les 9 artistes, Tania Candiani étudie les relations entre humain et environnement à travers l'acoustique. Un travail d'imprégnation et d'écoute qu’explore aussi Shimabuku. Certains comme Jessica Warboys ou Trevor Yeung imaginent un processus de co-création avec le non-vivant. Les larves créent un cocon aux motifs et couleurs uniques dont la japonaise Aki Inomata s'inspire notamment. Et pour lutter contre le fatalisme, Lin May Saeed et Robert Zhao Renhui imaginent des récits alternatifs face aux trajectoires politiques et écologiques inquiétantes, là où l'outil informatique sert les fictions spéculatives de Bagus Pandega et d’Agnieszka Polska.

Trevor Yeung ©Amna Zuberi

Une scénographie inédite en écorce d'arbre

La galerie se transforme en véritable forêt d'œuvres d'art grâce au savoir-faire de l'atelier Craft. Le parcours, libre et non linéaire, propose une visite au plus proche des ressources naturelles. Des écorces d'arbres et ressources locales composent la scénographie inédite imaginée par Théo Génin : “ Designed by a tree”. Le spectateur se retrouve face à la puissance “férale” du vivant, un retour à l'état sauvage d'une nature qui envahit la Fondation d'entreprise Martell.

Aki Inomata_Installation view at Aichi Triennale 2022, Passing her a piece of cloth, 2021 ©ToLoLo studio

Le “Planctonarium”, un espace de réflexion immersif

Et pour clore en beauté, invité par la Fondation, le studio BehaghelFoiny propose un espace immersif de réflexion : le “Planctonarium”. C'est ici qu’Antoine Behaghel, jeune designer, présente son travail : Artifices chlorophylliens. Suspensions lumineuses en lévitation et impressions 3D, la Table des microscopistes invite petits et grands à découvrir le phytoplancton. “Le singe et l'argile” est une balade au cœur d'une forêt d'œuvres, un plongeon dans des fonds marins bien humains.

“Le singe et l'argile", du 30 mai prochain au 3 janvier 2027, 16 avenue Paul Firino Martell à Cognac. L'entrée est libre.

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